Rapport d'expertise de l'ANSES de décembre 2025 sur les produits du vapotage

Que dit vraiment la science sur la cigarette électronique ? En décembre 2025, l'ANSES a publié son rapport le plus complet à ce jour sur le vapotage. Verdict nuancé : moins dangereux que le tabac, oui, mais pas sans risques pour autant. Aldéhydes, grossesse, effets cardiovasculaires… voici ce que les experts ont conclu après deux ans de travaux.
 Rapport d'expertise de l'ANSES de décembre 2025 sur les produits du vapotage

Vapotage : entre réduction des risques et alertes sanitaires, le nouveau diagnostic de l'ANSES

Publié en décembre 2025, le dernier rapport de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) livre une analyse exhaustive des risques liés à la cigarette électronique. Si l'agence confirme une dangerosité moindre par rapport au tabac fumé, elle met en lumière des risques réels, notamment pour les femmes enceintes et à travers l'exposition aux aldéhydes.

En France, le tabagisme reste le premier facteur de mortalité évitable avec 75 000 décès annuels. Dans ce contexte, la cigarette électronique s'est ancrée comme une pratique quotidienne pour 6,1 % des adultes. L'expertise de l'ANSES, sollicitée pour actualiser les connaissances scientifiques, a mobilisé un groupe d'experts sur plus de deux ans pour évaluer le poids des preuves des effets sanitaires.

1. Une réduction massive de l'exposition, mais des risques résiduels

L'étude comparative entre la cigarette classique et le vapotage est sans appel : le vapotage induit globalement un niveau de risques liés aux substances toxiques bien inférieur. L'absence de combustion reste l'avantage majeur de ce dispositif.

Cependant, l'évaluation quantitative des risques (EQRS) appliquée aux aldéhydes (composés néoformés lors de la chauffe) montre que la pratique n'est pas sans danger :

    • Formaldéhyde et acroléine : le risque d'effets néfastes ne peut être exclu pour 13 % à 17 % des vapoteurs.
    • Propionaldéhyde et glyoxal : dans ces cas précis, la quasi-totalité (96 % à 99 %) des situations d'exposition dépasse les seuils de sécurité.
    • Facteurs d'influence : ces risques dépendent directement de la composition de l’e-liquide, du matériel utilisé et surtout des réglages de puissance, une surchauffe augmentant drastiquement la formation de toxiques.

2. Focus sur la grossesse : une vigilance particulière

L'un des points les plus saillants du rapport concerne l'exposition in utero. Les données issues d'études expérimentales (2017-2024) suggèrent des effets délétères possibles sur la descendance des femmes vapoteuses :

    • Développement cardiaque : des altérations des cellules cardiaques et des troubles du rythme ont été observés chez les fœtus exposés.
    • Développement pulmonaire : le rapport signale des modifications morphologiques et des processus inflammatoires persistants dans les poumons de la descendance. L'ANSES souligne que la période prénatale est une fenêtre critique où toute perturbation chimique peut entraîner des répercussions à long terme.


      dernier_rapport_de_lANSES

3. Effets respiratoires, cardiovasculaires et cancer

L'agence a classé les risques selon le poids des preuves scientifiques actuelles :

    • Cardiovasculaire : les effets sont jugés probables pour certains marqueurs (comme le stress oxydant ou des modifications hémodynamiques).
    • Respiratoire : des effets sont jugés possibles, bien que les preuves soient encore insuffisantes pour établir des pathologies cliniques chroniques chez des sujets initialement sains.
    • Cancer : à ce jour, il n'existe pas de preuves permettant de conclure à un effet cancérogène chez l'humain. Toutefois, la survenue de modifications biologiques (inflammation, altération de la réparation de l'ADN) compatibles avec le développement de tumeurs est jugée possible, ce qui impose une surveillance continue.

4. Les recommandations de l'Agence

Face à ces constats, l'ANSES formule plusieurs recommandations stratégiques :

    • Pour les non-fumeurs et adolescents : ne jamais commencer le vapotage pour éviter l'initiation à la nicotine et l'exposition inutile à des substances chimiques.
    • Pour les fumeurs : utiliser le vapotage comme un outil de transition vers l'arrêt total (tabac et nicotine), en veillant à ne pas devenir un usager « dual » (fumer et vapoter simultanément).
    • Pour la réglementation : améliorer la standardisation des produits et la surveillance des émissions pour limiter la formation de composés toxiques.

© Crédits photos : Monkey Business Images, Hans Reniers.

Articles publiés

Catégories

Rechercher un article

Précédent
Suivant

Aucun produit

A determiner Envoi
0,00 € Total

Acheter

-15% sur le kit Coolfire Z60 Innokin

Offre non cumulable valable une seule fois, pour un seul membre d'un même foyer, du 15 au 30 novembre 2023 23h59.

J'en profite