Différence entre fumée et vapeur
La principale différence entre la fumée de cigarette et la vapeur de cigarette électronique réside dans le processus de production et, par conséquent, dans leur composition et leurs effets sur la santé.
En effet, le processus de production de la fumée de cigarette est le résultat de la combustion du tabac. Cette combustion se produit à des températures très élevées (jusqu'à 900 °C) et génère une fumée contenant des milliers de substances chimiques qui à terme induisent le cancer.
En revanche, la vapeur de cigarette électronique est produite par le chauffage d'un e-liquide à une température bien plus basse (entre 100 et 250 °C). Il n'y a pas de combustion, mais une vaporisation.
Par voie de conséquence, la composition de la fumée de la cigarette tabac contient plus de 7 000 substances chimiques, dont de nombreuses sont toxiques et cancérigènes. Parmi les plus nocives, on trouve les goudrons, lesquels se déposent dans les poumons, causant des maladies respiratoires et des cancers. Le monoxyde de carbone est aussi présent. Il réduit la capacité du sang à transporter l'oxygène. On trouve aussi d’autres substances toxiques : ammoniac, arsenic, plomb, formaldéhyde, etc. Enfin, la fumée du tabac brûlé contient de la nicotine qui est responsable de la dépendance.
La composition de la vapeur de e-cigarette est bien plus simple. Elle est principalement composée de propylène glycol (PG) ou de Végétol®, de glycérine végétale (VG). Ces substances, utilisées dans l'industrie alimentaire et pharmaceutique, sont les principaux composants de la vapeur. On trouve aussi des substances aromatiques qui donnent le goût et enfin de la nicotine. Ces substances ne sont pas connues pour induire des cancers contrairement aux molécules présentes dans la fumée de la cigarette tabac connue pour induire le cancer.
Ce que disent les études actuelles
Risques de cancer liés à la cigarette traditionnelle
Le lien entre le tabagisme et le cancer est bien établi et documenté depuis des décennies. La combustion du tabac génère une fumée contenant des milliers de substances chimiques, dont au moins 70 sont reconnues comme cancérigènes. Les principales causes de cancer dues au tabac sont la combustion du tabac qui génère des substances qui provoquent le cancer.
Risques de cancer liés à la cigarette électronique
Les études actuelles montrent que le risque est considérablement plus faible, mais pas inexistant. La complexité de la recherche réside dans le fait que la cigarette électronique est un produit relativement récent, et les effets à long terme ne sont pas encore entièrement connus.
L’absence de combustion est la différence fondamentale avec la fumée de la cigarette tabac. Comme il n'y a pas de combustion, la vapeur ne contient pas de goudron ni de monoxyde de carbone, qui sont les principaux agents cancérigènes du tabac.
En conclusion, l'avis scientifique dominant est que la cigarette électronique est une alternative beaucoup moins risquée pour les fumeurs, notamment pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer. Cependant, les professionnels de la santé ne la considèrent pas comme inoffensive et déconseillent son usage aux non-fumeurs et aux adolescents, en raison des risques potentiels encore à l'étude et de l'addiction à la nicotine.

Les facteurs de risque potentiels
Bien que la cigarette électronique soit considérée comme une alternative beaucoup moins nocive que la cigarette traditionnelle, elle n'est pas sans risque. Les études et les rapports des autorités de santé soulignent plusieurs facteurs de risque potentiels, en particulier pour les non-fumeurs et les adolescents.
Il existe en effet, des risques liés aux substances inhalées. Bien que la vapeur ne contienne pas de goudron et de substances connues pour induire des cancers, elle peut contenir des substances toxiques : aldéhydes produits par le surchauffage de la glycérine végétale et du propylène glycol (les principaux composants des e-liquides), des métaux lourds (nickel, plomb, chrome) provenant du chauffage de la résistance du dispositif. Les arômes peuvent aussi contenir des substances toxiques comme le diacétyle et provoquer des maladies pulmonaires (comme la bronchiolite oblitérante). Enfin, la nicotine est une substance très addictive qui peut nuire au développement du cerveau chez les adolescents et les jeunes adultes. Elle peut également avoir des effets cardiovasculaires, en augmentant le rythme cardiaque et la pression artérielle. La nicotine n’est pas classée parmi les substances induisant le cancer.
À court et long terme, le vapotage peut irriter les poumons et les voies respiratoires, entraînant des symptômes comme la toux, des douleurs thoraciques et des essoufflements. Il peut aussi avoir un impact sur le système cardiovasculaire. L'inhalation de certaines substances peut affecter la fonction des vaisseaux sanguins et augmenter le risque de problèmes cardiaques à long terme.
L’effet à long terme de la e-cigarette sur la santé n’est pas encore connu contrairement à celui de la cigarette tabac qui donne le cancer.
L’avis des autorités de santé
L'avis des autorités de santé sur la cigarette électronique est nuancé et varie selon les organisations et les pays, mais un consensus se dégage sur un point crucial : le vapotage est moins nocif que le tabagisme. Voici un aperçu des positions des principales autorités de santé.
1. Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
L'OMS adopte une position très prudente, voire restrictive. Elle considère la cigarette électronique comme une menace pour la santé publique, en particulier pour les jeunes. L'OMS met en garde contre plusieurs aspects :
- Risque de dépendance : la nicotine contenue dans les e-liquides crée une forte dépendance, ce qui peut pousser les jeunes à devenir accros.
- Effet passerelle : l'OMS exprime sa crainte que l'utilisation de la cigarette électronique par les jeunes non-fumeurs ne les conduise à fumer des cigarettes traditionnelles par la suite.
- Absence de preuves solides de sevrage : l'OMS conteste l'efficacité de la cigarette électronique comme outil de sevrage tabagique, préférant recommander les substituts nicotiniques traditionnels.
- Marketing ciblé : l'OMS dénonce les stratégies marketing de l'industrie, qui utilisent des arômes et des designs attrayants pour séduire les adolescents.
L’OMS n’évoque pas de risque de cancer induit par la e-cigarette.
2. Haute Autorité de Santé (HAS) et Santé publique France
Les autorités françaises ont une position plus mesurée que l'OMS, reconnaissant le potentiel de la e-cigarette comme outil de sevrage, tout en appelant à la prudence.
- Moins nocive que le tabac : Les autorités françaises s'accordent sur le fait que la cigarette électronique est globalement bénéfique pour un fumeur qui remplace complètement le tabac. L'absence de combustion est le facteur clé.
- Outil de réduction des risques : la HAS reconnaît que les produits de vapotage peuvent être utilisés par les fumeurs qui ne souhaitent pas ou n'arrivent pas à s'arrêter avec les traitements traditionnels.
- Déconseillée aux non-fumeurs : les autorités de santé françaises déconseillent formellement la cigarette électronique aux non-fumeurs et aux adolescents en raison de la présence de nicotine et des risques potentiels encore méconnus.
- Réglementation : la France a mis en place des interdictions de vapoter dans certains lieux publics et a interdit la vente des puffs jetables, principalement pour limiter l'attrait du vapotage chez les jeunes.
3. Public Health England (PHE) - Royaume-Uni
L'agence de santé publique anglaise a une position très distincte et proactive, considérant la cigarette électronique comme un outil de santé publique pour lutter contre le tabagisme.
- 95 % moins nocive : c'est l'estimation la plus célèbre de PHE, qui affirme que le vapotage est au moins 95 % moins dangereux que la cigarette traditionnelle.
- Outil de sevrage : le PHE encourage activement les fumeurs à passer à la cigarette électronique, la considérant comme une aide efficace pour arrêter de fumer.
- Sécurité : l'agence a mis en place des normes strictes de sécurité pour les e-liquides et les dispositifs, et elle assure un suivi scientifique rigoureux des risques.
- Différence de stratégie : la stratégie britannique contraste fortement avec celle de l'OMS, en reconnaissant que la e-cigarette peut être un levier puissant pour réduire le taux de tabagisme dans le pays et donc réduire les cancers induits par la cigarette tabac.
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